Anne-Laure Koubbi

Sortie d’une école de commerce, Anne-Laure Koubbi décide de quitter le confort du marketing pour se consacrer pleinement à sa pratique artistique, créant un univers si particulier fait de paysages fantastiques peuplés de créatures hybrides. En permanente exploration, elle prend un plaisir espiègle à créer des associations inédites de formes, pour faire entrer le spectateur dans son monde sur orbite.
Chinant dans les lieux désertés de nos quotidiens, elle plonge tête en avant dans l’obsolète et le poussiéreux. Manuels d’anatomie, atlas d’antan, vieux dicos et autres papiers jaunis forment la matière brute dans laquelle elle pique, ça et là, les motifs et ambiances qu’elle réinvente pour créer ses êtres fantasmagoriques.
Elle est actuellement artiste résidente au Shakirail.
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« Je crois que l’art nait d’une puissante relation d’amour avec le monde, d’une façon de poser le regard sur chaque chose et d’y découvrir mille bonnes raisons de s’approcher plus près. L’œil devine alors des objets de contemplation et d’invention dans les racines d’un arbre ou dans les stigmates du vice sur une peau ravagée… Dans la façon dont un rideau se noue et laisse entrevoir un visage aux sillons ouatés né des plis du tissu.
L’art nous invite à voir au-delà de l’évidence et de la matière brute, nous bouscule d’un bout à l’autre de l’entendement pour laisser place à la deuxième lecture, celle de l’âme. »

Exposition à la Pijama Galerie 

« Hibridae » – Exposition du 28 janvier au 26 février 2017

Ne pas se méprendre : ce double i n’est pas une faute de frappe, mais bien le symbole du souci du détail que cette sémillante artiste accorde à la réalisation de ses êtres hybrides.En effet, avec méticulosité et précision, Anne Laure Koubbi manie aussi bien la bille de son stylo fétiche que ses scalpels, non pour disséquer le vivant mais pour retailler ce qui avait été oublié et lui redonner vie.

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Elle mélange sur le papier, telle une illusionniste, de vieux grimoires et un trait emblématique dont la finesse relève presque de la magie.Le regard se perd, tentant de déceler le motif anatomique dans la fantaisie de l’artiste. Mais là, pas de vrai ni de faux, juste un imaginaire pétillant et une recherche de perfection où l’équilibre et l’épure révèlent l’inattendu. Pour plonger le regardeur dans son univers, Anne-Laure a recréé son atelier au sous-sol, en reprenant les éléments essentiels de son quotidien fait d’œuvres, dedétente et de bouquins. Pour prolonger cette expérience livresque, l’accrochage et l’encadrement vont de pair, faisant de nos traités anatomiques et botaniques de véritables madeleines proustiennes.