I DID IT AGAIN JUST CAGE

Téléchargez ici le synopsis

« Ou bien pasteur – ou bien acteur… »[1] : faire un choix, selon Kierkegaard, est décisif. Contrairement à l’esthète, qui stagne en ne voulant prendre de décision, l’homme éthique par son choix accède à sa construction personnelle. Si l’erreur est humaine, persévérer est diabolique ! Aussi, dans un monde en mutation permanente et quasiment instantanée, le passage à l’action est une nécessité.

 

Dans I DID IT AGAIN, l’artiste aborde avec un apparent humour et une feinte légèreté, mais non moins de sensibilité et de convictions, les grands enjeux humains contemporains. D’une certaine manière, Just Cage utilise l’art comme truchement pour aborder : le vivre ensemble (Art is a melting pot), les chimères du superficiel et visible (Art is here), et plus généralement la société et son potentiel effondrement  (Art is strucure, Art is on the ground)…

 

L’artiste casse les carcans, au propre comme au figuré, dans lesquels nombre s’enferment. A l’instar des Hikikomori, ces jeunes japonais qui se cloîtrent délibérément chez eux pour fuir la crise[2], il propose une vision radicalement ouverte vers l’extérieur, sérieuse et donc éthique, au sens kierkegaardien du terme.

 

Le retour sur soi de l’artiste et l’expression de sa maturité nous offrent donc une proposition colorée, avec une liberté dans l’occupation de l’espace, à la fois par les formats, mais aussi une appropriation de la profondeur : que ce soit par le relief des toiles, ou la présentation d’une installation sculpturale. Si l’hommage à Pollock est toujours prégnant à travers le dripping, le perfectionnement de sa technique de coulures associé à sa maîtrise du spectre colorimétrique donnent une exposition rythmée, qui interpelle et redonne des couleurs en cette rentrée 2018. Pour ancrer son œuvre dans le temps, comme une métaphore de la solidité de son cheminement intellectuel, un soin tout particulier est apporté à la finition des toiles. Ce n’est pas un simple vernis cosmétique qui est appliqué mais bien une résine, telle une solide armure face à la routine du quotidien.

 

Sur France Inter, Antoine de Caunes commence son émission en demandant à ses invités quelle est leur définition de la pop culture. Et si celle de Just Cage était qu’elle est finalement la réponse au choix absolu entre le Bien et le Mal. Dans cette nouvelle exposition, l’artiste démontre la nécessité du passage au stade éthique en faisant le choix de la réflexion sociétale plutôt que le nihilisme d’un grand écart entre art contemporain et culture populaire comptant pour rien. Aussi, pour marquer ce choix hautement philosophique, comment passer à côté du hit d’une « American idol » comme titre d’exposition pour faire réagir l’esthète.

 

 

[1] Ou bien… Ou bien, 1843, Sören Kierkegaard

[2] Le désespoir lui-même est un choix ; car on peut douter sans choisir de douter, mais on ne peut pas désespérer sans le choisir. Et en désespérant, on choisit à nouveau, et que choisit-on ? – Ou bien… Ou bien, Sören Kierkegaard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *