Julian Feeld

téléchargementL’exposition de Julian Feeld intitulée ECSTATIC DEATH of the first heavenly body est présente à la Pijama Galerie du 9 avril au 7 mai 2015.

 

Nous ne sommes qu’en avril et pourtant il n’est pas trop tôt pour un feu d’artifice car c’est sans aucun doute l’image qui décrit le plus naturellement la vie de Julian Feeld, ce débonnaire trentenaire.
En premier lieu, mis à part peut être en peul, Julian vous répondra dans la plupart des langues avec une dextérité et une fluidité déconcertantes : né à Montevideo en Uruguay, avant même la majorité il avait rempli pas loin de 12 passeports en s’arrêtant en Suisse, aux Etats-Unis, en France, au Venezuela ou encore au Brésil.
Cet adolescent du monde développe son amour pour la techno underground à Sao Paolo, et étudie avec minutie le cinéma à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver.
Rappelé par le vieux continent, il donne un gros coup de jeune au monde de l’art en fondant le label deBonton, rendu célèbre, bien avant les Femen, par ses happenings autour de la nudité, et développe également une marque d’art-électro-pop (Sydney Valette, Thieves Like Us). Ce n’est pas pour autant qu’il en oublie le rapport avec le public, et comme au Brésil, il réside dans les clubs parisiens les plus en vue, tels le Social Club et La Java.
Impossible pour cet électron libre, qui a aussi réalisé une comédie stand-up au Théâtre du Gymnase, de passer inaperçu. Ainsi il s’attire la critique dithyrambique de la presse, à tel point qu’il est, deux années consécutives, dans la Powerlist des 100 personnes les plus influentes de moins de 40 ans selon le magazine Technikart. Télérama, Paris Dernière, Brain magazine et bien d’autres ne disent pas le contraire.
Enfin, il a déjà commis deux livres en langue anglaise :

 

Even the red heron

 

 

 

« Even the Red Heron », roman psychologique d’une famille dysfonctionnelle avant l’effondrement financier vénézuélien

 
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« And We Came to Find it Beautiful »

 

 

 

La Galerie est donc très honorée d’accueillir le premier solo show de cet artiste.

Rappelez-moi, pourquoi ne vous êtes vous pas encore empressés de venir découvrir cet immense artiste.

 

ECSTATIC DEATH of the first heavenly body

 

Pour Julian Feeld, la création est la mise en place d’un dispositif appelant au démasquage.
Ce qu’il faut démasquer, c’est d’abord l’illusion de la stabilité. Trompeuse, elle camoufle la nature intrinsèque des choses : toute forme n’est qu’un élan, une circulation entre néant et plénitude. L’oscillation entre ces deux pôles est perçue par l’artiste comme « vibration », qu’elle se manifeste à l’échelle astrale ou atomique.
L’artiste remet en question l’existence du point de départ et du point d’arrivée. Il insuffle dans le monde qu’il représente ces « vibrations », sous la forme de fourmillements du champ visuel qui traduisent l’idée de non-stabilité de la matière et donc d’une réalité en état perpétuel de mutation.
Dans la série « La Forêt », l’oeil se demande d’abord ce qu’il regarde. Il cherche dans le foisonnement des paysages quelque chose de familier, mais ne le trouve pas. La forme humaine ne prévaut plus dans l’image, le statut du corps égale celui de tout élément qui l’entoure. Avec les figures de « Ecstatic death of the first heavenly body », l’oeil se demande cette fois à travers quoi il regarde. Éxperimentant une technique de tirage argentique à travers du verre pilé, l’artiste génère un fourmillement derrière lequel on peine à distinguer la forme dans la photo originale.
Julian Feeld explore la non-dualité des choses, le cycle interminable et réassimilé de la matière.
Dans les diptyques grand format, ce questionnement de la perception du réel se manifeste sous la forme d’un jeu d’échelles. Le visage d’un homme âgé est mis en présence d’une eau tourbillonnante. La micrographie d’un cerveau est liée a un plan aérien de la ville de Sao Paulo par des manifestations lumineuses rappelant la tumeur ou l’explosion atomique.
La cellule et le cosmos, le micro et le macro: tout se confond. Car tout n’a toujours été qu’une seule et même entité, connectée et en osmose.
Commissaire Bastien Stisi

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