TENTSUGI – Jean-Paul Morrel-Armstrong

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LA DECHIRURE

Pour sa deuxième exposition personnelle, Jean-Paul Morrel-Armstrong troque son boîtier photographique pour un travail de déchirure sur ses propres tirages.

Sacrilège, reniement du passé ou périlleux saut dans l’avenir ?

La déchirure fait aussi bien référence au psychique qu’au corporel, au social qu’au divin. Elle est douloureuse : celle qui donne la vie, ou annonce ou symbolise la mort (cf.  voile du temple ou rituel du deuil de la keria). Musculaire, elle est synonyme de bien des maux ; si elle est fréquente psychologiquement, elle se panse grâce aux mots.

 

TENTSUGI

TENTSUGI – néologisme japonais – s’inspire du kintsugi, technique de réparation des poteries brisées par des jointures en or. Ici, l’or est remplacé par le point (ten). Celui-ci devient l’élément qui apporte la lumière, crée la richesse et surtout l’unicité. Par ce biais, Jean-Paul Morrel-Armstrong se réapproprie des techniques usuelles (photographie, collage et dessin) en en livrant une interprétation toute personnelle. Comme les céramistes réparent les failles, l’artiste comble les espaces que la déchirure a ouverts. Il ne s’agit donc pas de dissimuler, ce qui pour le photographe serait la ruine de son travail, mais bien de recréer la matière manquante pour redonner du sens au passé et à l’histoire du sujet photographique. Ainsi, la photographie n’est pas un arrêt sur image à un instant T, mais bien la narration d’une histoire dont l’artiste magnifie les imperfections.

 

LA DEMARCHE

Dans la continuité de son travail sur l’image, les ombres et les réflexions, l’artiste symbolise l’évolution de la psyché. En déchirant, il impose consciemment une contrainte plastique. Par opposition aux déformations élastiques de l’enfance, qui engendrent névroses et traumas, et marquent chacun d’entre nous insidieusement et durablement. En pensant l’impansé, Jean-Paul Morrel-Armstrong en fait une allégorie qui invite à une réflexion sur notre capacité à accepter nos faiblesses.

 

Le point est à l’honneur. Comme autant de signes de ponctuation, qui viennent terminer les phrases qui réécrivent la mémoire, mais aussi d’unités d’affichage qui forment les images sur un écran. Jean-Paul Morrel-Armstrong semble zoomer picturalement jusqu’à la plus infime définition de nos problématiques.

 

En effet, le sujet majeur n’est pas simplement l’artiste lui-même, l’exposition aborde des thématiques sociétales et environnementales, qui lui sont chères : la cruciale question de la sexualité, la déchirure qui a marqué le début du siècle : le 11 septembre 2001, dont il a été le spectateur aux premières loges et pourtant impuissant, et la déchirure (inéluctable ?) que nous faisons subir à notre environnement…

 

Si le noir et blanc domine sur ce nouveau travail, contrastant avec la vision polychromatique de sa première exposition, il n’en reste pas moins que Jean-Paul Morrel-Armstrong réfute tout manichéisme et dévoile une large palette de talents, aussi bien picturaux que de conteur.

C.Ledu

 

Jean-Paul Morrel-Armstrong

Né en 1964, à Manhattan, Jean-Paul Morrel-Armstrong quitte les Etats-Unis pour l’Europe, du fait de la menace pesant sur son père, artiste contestataire de la guerre du Viêt-Nam.
A 17 ans, Il décline sa place en médecine et part en Inde pour approfondir ses connaissances de la philosophie védique et saisir le sens de sa vie. Il revient en France, et entame une carrière professionnelle riche, en continuant une double pratique artistique : photographie et piano.

Ayant suivi une formation d’acteur, et écrivant avec un style particulier, naviguant entre le Nouveau Roman et Sade, Jean-Paul Morrel-Armstrong parle crument de ses peurs, de ses amours, du sexe, de ses désarrois. Sans conteste, son champ des possibles fait de lui un artiste qu’un seul medium ne saurait satisfaire.

S’exprimant avec une peinture très inspirée du suprématisme, Jean-Paul Morrel-Armstrong traite, en photographie, de nombreux sujets entre abstraction, photoreportage et portraits. Conscient des évolutions récentes de ce medium, il utilise désormais ses cliches comme support pour en redessiner les contours après leurs avoir fait subir de nombreux accidents.

Jean-Paul Morrel-Armstrong vit à Paris où il est depuis deux ans artiste résident du Shakirail (collectif Curry Vavart)

 

Exposition solo

Eye spy with my little I…, Pijama Galerie, Paris (octobre/novembre 2015)

Expositions de groupe

Le rêve, Silencio, Paris (septembre 2017)

What’s up Photo Doc, Pijama Galerie, Paris (novembre 2016)

Vaclavavart, Bibliothèque Vàclav Havel, Paris (juin-août 2016)

Culture perchée, Le Perchoir, Paris (novembre 2015)

 

 

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