Seek my Duck – Just Cage

Après s’être longtemps demandé où était Charlie, il était logique – dans une société où la presse, très largement digitalisée, joue un rôle de plus en plus important et immédiat dans notre quotidien – de s’interroger sur un résistant du support papier, et de partir en quête de l’essence de ce monstre sacré, dont les 100 bougies ont été soufflées : Le Canard Enchaîné.

Ce volatile, en un siècle d’existence, a déjà fait voler plus d’une plume et, aujourd’hui encore, est au centre des polémiques bouleversant le pays. Cette exception à la française, est, quasi unanimement – tout clivage politique éloigné – une référence en terme de liberté d’expression et d’investigation.

C’est cette longévité et ce positionnement que Just Cage a souhaité mettre en avant dans une série d’œuvres qui donne des couleurs à l’hebdomadaire noir, blanc et rouge. Oscillant entre les aplats et le dripping, les tableaux s’articulent autour de pages d’archives recolorisées. En donnant une nouvelle jeunesse au « canard », l’artiste en fait éclater son évidente intemporalité.

Seek my Duck – en référence à la rubrique iconique : Sur l’Album de la Comtesse – fait la part belle à l’irrévérence et aux acrobaties langagières de l’hebdomadaire. Tout comme pour les unes du journal, l’artiste apporte un soin particulier aux titres des œuvres, qui orientent et aident à la compréhension globale.

De Free Duck Spirit à Duck and Pollock walking under the sun en passant par Love Ducks for Brain, Just Cage offre un canard en constante recherche de liberté malgré son emprisonnement sur la toile, et dont la domestication est à envisager avec sérénité, tant son univers est aussi unique que fascinant.

Do you fear my duck ?

 

Lire le can’art embastillé

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